Interview B&W – Filipe Silva

Comment la musique est-elle arrivée dans ta vie ?

C’est quelque chose qui doit venir au fond de toi, de tout cœur. Tu vas donner entièrement de toi pour pouvoir produire un slam. Pendant le confinement, pendant que j’étais à l’hôpital, je ne voyais pas le bout du l. J’étais hospitalisé parce que j’avais pété les plombs au niveau du travail, j’avais pété les plombs au niveau personnel, je ne savais pas comment m’en sortir et d’un coup, j’ai commencé à écrire. En fait, j’écrivais parce que je me disais: « Pourquoi pas faire de ça une musique? ». J’ai essayé, d’abord, de faire des remix, de prendre des mesures des autres, de les mélanger. Il ne fallait pas que je rentre par là, parce que ce n’était pas mon fort. Et d’un coup, une fois, à la maison, j’ai commencé à poser des paroles avec une mélodie avec des amis. Il y a quelqu’un qui m’a dit: « Tu pourrais essayer le slam. ».

Quelles sont les difficultés avec ce style de musique ?

C’est parce que malheureusement, c’est un genre musical qui est de moins en moins écouté. Donc, il faut vraiment qu’on innove dans le slam, qu’on en fasse différemment de tous les autres pour qu’on essaie d’attirer un peu le public du rap et le public de la pop pour le slam, parce qu’en fait, à l’heure actuelle, la génération qui écoute du slam, ce n’est pas la génération qui va venir voir un concert. Et les jeunes, à l’heure actuelle, n’écoutent pas forcément du slam. Donc, c’est à nous, artistes qui font du slam, de faire en sorte qu’avec nos musiques, qu’avec nos titres, on puisse se rapprocher un peu de ce qu’ils écoutent mais en restant sur le slam pour les faire venir sur le slam, pour ne pas laisser mourir cet art.

Quelles sont les contraintes que tu as rencontré au départ ?

Il n’y a personne qui a cru en moi dans la musique, donc quand j’ai voulu sortir mon premier titre, tout le monde se foutait de ma gueule. » Filipe tu vas faire la musique ? Mais t’es complètement fou, Tu ne sais pas chanter. ». Je dis: « Exactement, je ne sais pas chanter, mais je sais faire du slam. ». Voilà la différence. On n’a pas besoin de savoir chanter pour faire du slam. Tout le monde se foutait de moi, donc j’aurais pu baisser les bras et laisser tomber. Je me suis accroché et je me suis dit: « C’est mon rêve. ».

Quelle est l’histoire de ton titre « papa maman »?

En fait, il n’y a que deux personnes qui vont toujours être là pour toi dans la vie. Et moi, je suis un enfant, qui a été problématique. Au départ, je faisais beaucoup de bêtises à l’école et pas qu’à l’école. Dans la vie aussi. Et les deux seules personnes qui ont été là pour moi, dans le pire comme dans le bonheur, c’était mon père et ma mère. Et pour moi, musicalement, ça ne faisait pas de sens d’avancer et de faire des autres musiques pour des autres personnes sans avoir remercié mes parents. Parce que je pense qu’on vit tous dans une période assez difficile avec Covid et que malheureusement, on n’a pas tous l’opportunité de dire au revoir à certains papas et mamans qui sont partis. C’est une musique qui parle de la famille et que le mot « famille » est devenu de plus en plus important dans mon quotidien. Je pense que cette musique a touché directement le cœur des gens.

Quelles sont tes ambitions pour le futur ? Un album ?

Je vise un album. Alors quand j’ai sorti « Mon reuf », le projet initial, ce serait de faire un album après « À tous les bâtards ». Mon projet serait de ne plus faire de single et de travailler sur un album. Après, je me suis dit que j’allais faire un single par single et, une fois, que j’aurais lancé mes dix premiers singles, je ferais un album avec vingt titres. Les dix premiers singles avec dix nouveaux titres. Ce sera un projet assez intéressant. Donc, mon projet mère, mon projet final avec la musique, c’est un jour remplir le Stade de France. Mais avant tout ça, il y a des albums à faire et des singles à sortir. Donc cette année, il y aura encore deux singles qui vont sortir. Le premier qui est déjà en préparation. Donc on va bientôt l’enregistrer en studio, ça va parler de
l’amour. La chose dont on a besoin aujourd’hui, c’est l’amour.

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